Les vautours ont-ils plus de sens culturel que nous?
Les vautours ont-ils plus de sens culturel que nous? Une lectrice de Luxembourg Jungle a posé cette question après avoir lu un article dans le magazine Slate sur des vestiges retrouvés dans les nids de gypaètes barbus dans le sud de l’Espagne. Même si la question semble provocatrice, on ne peut que lui donner raison.
En Espagne, des chercheurs ont découvert des vestiges archéologiques exceptionnels dans les nids de gypaètes barbus: sandales médiévales, textiles, voire des armes. Bien que ces oiseaux, qui réutilisent et agrandissent leurs nids sur plusieurs générations, n’aient pas collecté ces objets par intérêt historique mais par pur pragmatisme, ils ont montré plus de sens des responsabilités que nos responsables politiques.
Ces derniers ordonnent certes des fouilles «préventives», mais c’est souvent pour mieux ensevelir les découvertes une fois
la conférence de presse terminée.
Devise implicite: Que le vautour s’en charge!
L’article publié dans Slate le 5 octobre 2025 détaille cette découverte étonnante: il y a 675 ans, quelqu’un a perdu une sandale en fibres végétales. Un gypaète l’a apportée dans sa grotte, dans son nid. Elle y est restée – conservée par le microclimat froid et sec. Aujourd’hui, cette sandale est un trésor archéologique. Et elle n’est pas seule: plus de 200 artefacts ont été retrouvés dans douze nids.
Malheureusement, le Luxembourg ne fait pas partie de l’aire de répartition du gypaète barbu, dont le statut mondial est «quasi menacé». Les seuls vautours que nous avons ici – et pas en petit nombre – sont les charognards du profit.
Et ils semblent bien tenir les rênes quand il s’agit de ce qui repose sous nos pieds.
Comme l’a expliqué le nouveau directeur de l’INRA (Institut national des recherches archéologiques) en mars sur Radio 100,7, les fouilles préventives aboutissent quasi systématiquement – presque de manière réflexe – à une «destruction documentée», et le chemin est alors libre pour les projets immobiliers.
Peut-être faudrait-il moins d’archéologues, et davantage de vautours – ces conservateurs involontaires de la mémoire.
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